Aston Martin DB11 – Exaltante et frustrante

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Par Benoit Charette
Aston Martin DB11 – Exaltante et frustrante

La DB 11 suit l’illustre tradition des modèles qui ont fait la renommée de la marque depuis que James Bond a roulé un DB5 au grand écran. C’est sans contredit une des plus belles voitures sur nos routes en ce moment.  Vous avez le choix d’une mécanique V8 ou V12 dans sa version AMR. La DB11 est aussi la plus belle représentation de ce qu’est une voiture GT. Ce n’est pas une pure sportive qui carbure à l’adrénaline, elle offre aussi une dose surprenante de confort avec une grande réserve de puissance. Sa conduite est donc empreinte de frustration, car il est impossible de simplement commencer à exploiter le potentiel de ce véhicule sur nos routes.

Tellement belle

Plus longue, plus large et mieux assisse que la Vantage, la DB11 offre cet aplomb typique des modèles GT et beaucoup d’espace aux places avant. On ne peut malheureusement pas dire la même chose à propos des petits sièges à l’arrière qui seront plus utiles pour un surplus de bagages ou de très jeunes enfants. Puisque nous sommes à l’intérieur, prenons quelques lignes pour en discuter. Pour conserver les lignes pures sans utiliser d’appendices disgracieux, Aston a utilisé quelques astuces intéressantes. L’air circule le long du profil de la carrosserie pour d’une part refroidir les freins et ensuite passer par l’arrière et ressortir par le coffre pour un effet de sol à plus haute vitesse. Cette méthode évite l’utilisation d’aileron qui brise trop souvent l’harmonie d’un beau design.

Tradition et modernisme

Face au conducteur, les compteurs sont numériques, mais conservent un style analogique dans la présentation avec affichage unique, pas de possibilités de différent menu comme l’offre Mercedes, par exemple. Vous avez trois cercles avec le compte-tours au centre. Le volant est habillé de quelques fonctions comme le bouton S qui offre les modes de conduite GT (ou confort) Sport et Sport +. Les larges palettes sur le volant vous glisse automatiquement en mode manuelle d’un simple touché et vous revenez en mode automatique en tenant la palette de droite durant trois secondes ou en appuyant sur le bouton D dans la console centrale. Les sièges avant sont spacieux et même les personnes de grandes tailles seront à l’aise.

Un V8 qui a du caractère

Le V8 d’origine AMG de notre modèle d’essai fait sentir sa présence dès que l’on met le contact. Un son grave et caverneux qui est modulé aussi en fonction du mode de conduite. En mode GT, le moteur garde un ronron assez discret. Le chat se transforme en tigre dès que l’on passe en mode Sport ou Sport + avec une pétarade de sons qui ressemblent à un feu d’artifice en décélération. Avec ses 503 chevaux, vous n’êtes jamais à court de puissance et il y a toujours les 630 chevaux du V12 pour ceux qui en désirent absolument plus. Vous pouvez aussi écouter le bruit du moteur à ciel ouvert dans la version décapotable. Sur nos routes à faible limite de vitesse, il est impossible de tester le potentiel de la DB11. Ce qui nous avons toutefois constaté révèle une précision de conduite qui n’est pas aussi incisive que les modèles allemands. Il n’y a pas cette précision chirurgicale dans la direction et la suspension à plus haut régime à tendance à sautiller quelque peu. Comme toute bonne GT, son terrain de jeu est une longue bande d’autoroutes, pas le circuit routier. Toutefois, à moins de 120 km/h, vous n’aurez jamais à vous plaindre de son comportement et encore moins de son tempérament.

À qui s’adresse une DB11

Aston Martin vous offre une différente expérience de conduite. David Brown qui a racheté Aston Martin et Lagonda en 1947 a légué ses initiales DB aux voitures de la marque qui en ait aujourd’hui à la DB11. Il y a ce flegme très britannique au volant qui met le confort de l’avant. Les amateurs de précision préféreront une Porsche 911. Les amateurs de tape à l’oeil iront vers une Lamborghini. Aston Martin transpire la classe, le bon goût. Le jaune de notre voiture d’essai est un peut-être un peu « too much », mais ne perd rien de son style unique. Mais si vous êtes prêt à mettre 250 000$ sur une voiture, on ne vous critiqueras pas si vous aimez le jaune.

 

Forces

Une grande élégance

Moteur expressif et puissant

Habitacle de qualité

 

Faiblesses

Assez lourd

Moins sportive à haut régime

 

 

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