Cadillac CT-5 V – L’heure de la rédemption

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Par Benoit Charette
Cadillac CT-5 V – L’heure de la rédemption

Ce n’est pas d’hier que Cadillac tente de fabriquer des berlines de luxe. La première tentative donna naissance à une des pires voitures de l’histoire de GM la Cimmaron qui resta sur la route de 1981 à 1988. Une Chevroler Cavalier à peine déguisée. La deuxième tentative ne fut guère mieux avec la Catera. Une Opel amenée ici à la hâte, sous motorisé et mal habillé. C’est avec la CTS, qui Cadillac commença à être pris au sérieux à compter de 2002. La qualité de finition était encore loin des rivaux allemands, mais on sentait un certain sérieux dans la démarche. La qualité générale s’est amélioré année après année, mais jamais aussi vite que chez Audi, BMW ou Mercedes ce qui fait que le fossé continuait de s’élargir.

Un message peu cohérent

Voici maintenant le successeur de la CTS, la CT-5. Nous avons l’occasion de conduire la CT-5 V. Le mot V chez Cadillac signifie l’ultime version au chapitre de la performance. Les CTS-V offraient un V8 de Corvette avec 556 chevaux qui détrônait la concurrence. Plus tard, Cadillac présenta les V-Sport, une version intermédiaire entre un 4 cylindres de base et la véritable version V. Cette façon de faire ne tient plus. Le modèle V de notre CT-5 est l’équivalent de l’ancien V-Sport avec une V6 3,0 litres turbo de 360 chevaux et 405 lb-pi. Cadillac prépare une version V Blackwing qui va devenir la nouvelle version V avec une V8 qui va sans doute approche les 600 chevaux. Pourquoi est-ce que Cadillac a changé cette façon de faire. Le milieu automobile est déjà assez compliqué sans que l’on sème volontairement la confusion.

Les bons ingrédients

Pour vous présenter face à une Audi S4, une BMW 340i ou une Mercedes C43 AMG, vous avez besoin de solides arguments de vente. GM a glissé sa boîte automatique à 10 vitesses avec 360 chevaux sous le pied droit. Le couple arrive tôt et permet de franchir les 100 km/h en 5 secondes. Cadillac pourrait travailler un peu sur la mélodie mécanique qui s’apparente plus à une accélération de bateau hors-bord en raison du turbo qui étouffe un peu le V6. C’est un désavantage face à la concurrence allemande qui offre des mécaniques plus expressives. Il faut toutefois souligner le bon travail de la boîte à 10 rapports qui passe rapidement les rapports et offres des reprises énergiques. Vous avez le choix d’une propulsion de série ou un rouage intégral en option. Construite sur la plateforme Alpha qui sert aussi de base à la Camaro, la CT-5 V est très solide et la rigidité n’est jamais remise en question, peu importe le régime, imposée. Cadillac s’est aussi inspiré des berlines allemandes qui sont capables d’offrir une suspension à la fois souple, confortable et sportive grâce à la calibration qui favorise le confort en se basant sur une structure solide qui va tout de même offrir une bonne tenue de route. C’est la première fois à notre connaissance que Cadillac arrive à si bien conjuguer tenue de route et confort dans ce type de voiture.

Belle ambiance à bord

En prenant place à bord, vous avez les bons signaux. La finition est soignée et les commandes n’ont pas l’air de provenir d’une Chevrolet Cruze. La cabine est aussi très silencieuse. Vous avez un écran de 10 pouces qui gère les fonctions avec des commandes intuitives et Apple CarPlay, Android Auto et toute la suite technologique que l’on connaît dans les modèles haut de gamme de GM. Les sièges avant sont chauffants, ventilés et dotés du massage lombaire avec réglages en 18 directions. La fonction d’assistance au conducteur Super Cruise qui permet de conduire en mains libres grâce aux données cartographiques LiDAR et à un GPS est offerte en option. Toujours en option, un système d’attention du conducteur contribue à conserver la vigilance de celui-ci en détectant et en signalant qu’il doit prêter plus d’attention à la route. Le couvercle du coffre mains libres utilise un détecteur de mouvement avec projection ciblée à l’emblème Cadillac qui vous permet d’activer le déverrouillage du coffre avec le pied, pour en faciliter ainsi l’accès.

Une belle qualité de conduite

Cadillac n’a pas lésiné pour offrir une conduite à la hauteur des meilleures berlines du segment. Vous avez de série la suspension Magnetic Ride Control 4.0, spécialement calibrée pour les modèles V et les modes de conduite qui comprennent une nouvelle option mode V. Les freins avant Brembo avec assistance électronique eBoost et un différentiel électronique à glissement limité assurent une conduite de haut niveau. La cerise sur le gâteau, les pneus P245/40R19 Michelin Pilot 4S qui équipaient notre modèle d’essai étaient collants à souhait.  Une tenue très neutre, une direction précise et une belle communion avec la route. Cette CT-5 V est plus agile que son format le laisse croire.

Conclusion

Avec une BMW 340i qui commence à 55 000 $, une Audi S4 qui est tout près des 65 000 $ et une Mercedes C43 AMG à plus de 61 000 $, la CT-5 V en version intégrale est 52 000 $. Une prix plus que compétitif avec un équipement, de la puissance et une tenue de route qui n’a pas à rougir devant les autres. Est-ce que Cadillac a finalement trouvé la bonne recette ?

 

Forces

Bel équilibre de conduite

Bien équipé

Prix compétitif

 

Faiblesses

Mécanique peu expressive

Approche marketing difficile à suivre

 

 

 

 

 

 

 

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